Bienvenue bienveillant visiteur susceptible de me daigner un minimum d'attention le temps de quelques mots. Ce blog se résume à exprimer mon amour pour ce qui est certainement la plus grande de mes passions : le Cinéma. Cela se traduira ici par nombre d'avis et critiques évidemment très subjectifs et peu professionnels autour de films que j'aurai choisis. Le seul but de ce blog sera de partager avec vous mes goûts pour le septième art, et qui sait, peut-être vous faire découvrir de nouveaux horizons cinématographiques. Bonne toile !

lundi 28 février 2011

True Grit


True Grit, Joel & Ethan Coen, 2010.

Ouest sauvage, le père de Mattie Ross est abattu lors d'une altercation avec un lâche benêt et ivrogne nommé Tom Chaney. La fillette de 14 ans réclame justice, et surtout vengeance. Pour cela, elle fait appel au Marshal Rooster Cogburn, fine gâchette aux méthodes expéditives, alcoolique et sarcastique. Ce curieux duo est bientôt rejoint par un Texas Ranger du nom de LaBoeuf, qui désire capturer Chaney pour des raisons tout autres. Mais le fugitif s'est réfugié en territoire indien avec d'autres camarades hors-la-loi, l'attraper ne sera donc pas une mince affaire...

Présenter True Grit doit être aussi utile que présenter les frères Coen. Chaque film réalisé par les deux frangins a su affirmer toujours plus leur style et leur savoir-faire, leur réputation n'est plus à faire. Leur mise en scène est reconnaissable entre mille, c'est une empreinte aux contours bien définis qui se trouve être le fil conducteur dans leur filmographie, et ceci est bien évidemment la marque des grands auteurs de ce monde. Même si à première vue True Grit semble issu de la mode hollywoodienne actuelle de l'adaptation à outrance (non seulement d'un roman mais aussi remake d'un film avec John Wayne dans le cas présent), Joel et Ethan ont su s'approprier l'essence de l'œuvre et la marquer de leur patte si particulière.


Il faut l'avouer, dans la forme, True Grit n'a rien de franchement original. L'histoire est assez classique pour le public actuel, et prend place à travers un genre qui ne trouve plus grâce à ses yeux depuis hélas bien longtemps. Encore une fois, c'est dans le talent de la mise en scène que les Coen impressionnent : on retrouve les ingrédients qui ont donné vie à leurs précédents films, à savoir de sacrés acteurs avec de sacrées gueules. Jeff Bridges, qui n'a plus rien à prouver niveau talent d'acteur, est tout bonnement énorme dans le rôle titre et qui plus est très bien épaulé, la jeune Hailee Steinfeld semble promise à un chouette avenir dans le milieu, Matt Damon casse son image en incarnant un Texas Ranger un peu paumé, et un peu boulet, tandis que Josh Brolin au demeurant rare à l'écran durant l'histoire offre une prestation réussie d'un brigand légèrement demeuré.


S'ajoutent à ce joli petit lot humour cynique et bêtise naïve au travers de dialogues finement menés, là aussi un trait de caractère bien connu de l'écurie Coen. Et que dire de l'envoutement offert par des décors naturels magnifiques et une musique exclusivement (il me semble) interprétée au piano (original pour un western, il faut le dire). Le rythme est lent, l'histoire prend le temps de se mettre en place, mais True Grit c'est ça, un western dans la plus pure tradition du genre, respectueux à la lettre de tous les codes qui ont su lui donner son identité, et pour le plaisir des amateurs, une véritable renaissance (même si cela peut être éphémère) du genre. A mes yeux, ça n'est pas aussi intense qu'un No Country for Old Men ou aussi jouissif qu'un Big Lebowski, mais True Grit a le mérite de nous donner le sourire et de nous envouter pendant 2h, en témoignant d'un véritable amour pour l'art de raconter une belle histoire.

"You must pay for everything in this world, one way and another."

vendredi 25 février 2011

Dog Pound


Dog Pound, Kim Chapiron, 2010.

J'ai toujours eu un faible pour les films détaillant le milieu carcéral, sans doute pour leur intention de dresser un portrait réaliste et donc dur d'un monde qui demeure inconnu pour ceux n'y ayant jamais séjourné, mais qui malgré cela fascine et terrifie l'homme par sa simple existence et la promesse de l'y inviter si jamais il fait un trop gros pet de travers. Il n'est pas simplement question de montrer à l'écran un enfer pur et simple, mais tout un système, une société de l'ombre séparée de l'humanité par des murs épais, avec ses propres règles, et bien sûr son injustice (si on peut employer ce mot ici) et sa violence omniprésente. Dog Pound suit logiquement ce schéma.


Nous sommes témoins des mésaventures de trois jeunes garçons de 15 à 17 ans, Butch, Angel et Davis, qui se retrouvent compagnons d'infortune dans le centre de détention pour mineurs d'Enola Vale, accusés de crimes divers selon l'individu, mais bien réels. La principale force du film est donc de nous représenter toute une jeunesse livrée à elle-même dans une fourrière aux règles impitoyables. Rien n'est laissé au hasard, le centre de détention est construit brique par brique pour les besoins du film, nombre de personnages secondaires et de figurants sont joués par des jeunes amateurs issus de la délinquance et certains sont d'ailleurs réellement connaisseurs du rôle de détenu, d'après certaines anecdotes l'acteur principal Adam Butcher (Butch) était d'ailleurs sacrément irascible et se retrouvait à plusieurs reprises en garde à vue pendant le tournage...


De quoi convaincre sur l'authenticité du jeu d'acteur. Adam Butcher est la véritable révélation du film, adolescent au regard fou, il semble habité par le rôle. Les autres ne sont pas en reste, tous de jeunes acteurs talentueux qui ne portent pourtant pas la mention "professionnels", en particulier ses deux acolytes Shane Kippel (Davis) et Mateo Morales (Angel). Les décors sont factices mais pourtant on ne doute pas une seule seconde d'être plongés avec eux au sein d'Enola Vale. On peut d'ailleurs saluer le travail photo qui met parfaitement l'accent sur de jolis jeux de couleurs, à la dominante bleue, ce qui allie habillement froideur et immersion. La bande sonore va également dans ce sens, avec de jolies balades dans un style un peu country, douces et mélancoliques.


En opposition, Dog Pound n'y va pas avec le dos de la cuillère question violence, lors de scènes particulièrement infernales qui en rebuteront plus d'un. Mais bon, il faut bien s'attendre à cela dans un film de ce genre, et sans jamais tomber dans la violence gratuite, Kim Chapiron filme avec justesse le parcours chaotique de personnages qui tentent, chacun à sa manière, de gagner sa place à Enola Vale, et surtout être un meneur et non une victime. Dog Pound est donc très bien rythmé, raconté de manière on-ne-peut-plus réaliste, construit autour d'archétypes mais non de clichés (rien de bien dérangeant en tout cas). Kim Chapiron (un frenchie, yeah!) est visiblement un réalisateur à suivre, son chef-d'œuvre ne trompe pas sur la marchandise, un film poignant, viscéral, beau et puissant, un film coup de poing jusqu'à la dernière image.

dimanche 13 février 2011

Black Swan


Black Swan, Darren Aronofsky, 2011.

Le New York City Ballet, sous la direction de l'acerbe Thomas Leroy, s'apprête à réaliser une nouvelle version du numéro du Lac des Cygnes. Parmi les prétendantes au rôle principal de l'œuvre assoiffées de gloire et de perfection que dirige Thomas se trouve la ravissante Nina, danseuse confirmée mue par son désir de réussite et de perfection au sein de la danse. Nina est prête à tout pour obtenir et jouer ce rôle, celui de toute une carrière, et pour cela elle ira jusqu'à se dépasser physiquement, comme mentalement.

Darren Aronofsky est donc le premier réalisateur à avoir l'honneur (heum) d'être cité deux fois sur mon blog. D'ailleurs, je pourrai presque recycler ma critique de The Wrestler, tant ses deux derniers films sont similaires sur de nombreux plans, dans la forme comme dans le fond. Mais je n'en ferai rien, car Black Swan dispose tout de même d'une identité particulière et choisit un tout autre visage que celui qu'arborait The Wrestler. On retrouve bien sûr le parcours d'une personne à la fois fortement affaiblie mais vivant uniquement de sa passion, aux liens complexes avec son entourage. La dégradation physique du personnage central est similaire donc, mais Aronofsky choisit ici de représenter une descente aux enfers à la folie enivrante et vraiment oppressante, pour Nina comme pour le spectateur, dans un milieu impitoyable où l'humanité se perd.


Black Swan s'apparente donc d'avantage à un thriller qu'à un drame, pour peu que l'on puisse réellement lui coller une étiquette. Sans trop vous en dévoiler, il se permet même des envolées fantastiques hypnotiques et intrigantes. Le film doit tout à la prestation incroyable de Natalie Portman, qui trouve certainement ici son meilleur rôle (?), et qui mérite bien les louages dont elle est baignée en ce moment, tant elle a su s'imprégner du personnage au point de se dépasser physiquement, et de danser de manière remarquable et magnifique aux yeux du spectateur (même si les professionnels semblent toujours trouver à redire là-dessus...). Black Swan est empreint d'une beauté poétique certaine, mais il envoute surtout par sa froideur inquiétante, et la dureté de son propos. Les personnages gravitant autour de Nina en sont témoins. Vincent Cassel est juste dans son rôle de dirigeant tyrannique et insondable, même si il demeure assez en retrait, voire éclipsé par l'imposant charisme d'une Natalie Portman qui pourtant semble si fragile et perdue alors qu'elle est censée rayonner en tant que danseuse confirmée et connaisseuse du milieu, abritant une noirceur intérieure prête à s'échapper. Mila Kunis apporte une touche importante d'érotisme et de mystère à l'oeuvre, et incarne un personnage tout aussi inaccessible et impossible à cerner que Thomas. Winona Ryder trouve parfaitement corps dans ce rôle d'étoile déchue avant l'heure, qui pourrait d'ailleurs être mis en parallèle avec la carrière de l'actrice...


La froideur de Black Swan vient donc d'une absence de sentiments forts et d'alchimie entre les différents protagonistes (tout le contraire de The Wrestler), et d'une manière d'allier des représentations poétiques avec une mise en scène viscérale, à la photographie dépouillée et à la caméra à l'épaule qui relève carrément du documentaire. Le tout assure une immersion totale, même si on garde une certaine distance par rapport aux personnages. On partage avec Nina cette angoisse, cette paranoïa et ce mal-être lié à la difficulté de ce qu'elle entreprend, et on éprouve une certaine empathie face à une pauvre fille dominée par une mère omniprésente et abusivement protectrice, un patron tout aussi despote et une rivale menaçante . Mais on reste au seuil entre l'abandon de soi dans une folie partagée avec Nina et l'œil figé d'un spectateur face à une représentation éblouissante, en particulier lors d'une final proprement grandiose. La partition de Clint Mansell est à ce titre, et une fois encore, magnifique et participe grandement à sublimer le film. Darren Aronofsky confirme son style si fort, si sombre et si maitrisé, et livre une fois encore un chef-d'œuvre qui mêle habillement les genres sans se cloisonner, à l'image du cygne blanc et noir, qui mêle beauté et attachement autant que liberté d'action sans compromis et perdition dans la noirceur de l'âme. A déconseiller tout de même, si vous êtes admirateurs de danse classique et désirez y faire carrière, tant le milieu est ici 'légèrement' dépeint de manière corrosive.

"The only person standing in your way is you."

jeudi 20 janvier 2011

The Thing


The Thing, John Carpenter, 1982.

Une équipe de chercheurs Américains en faction en Antarctique se retrouve confrontée à ce qui semble être les derniers survivants parmi leurs collègues Norvégiens, situés dans une base aux alentours. Ces derniers tentent d'abattre un pauvre chien de traineau qui arrive à tracer la route jusqu'au camp Américain. Les Norvégiens semblent si déterminés à tuer la bête qu'ils en viennent à tirer sur les autres, qui sont alors forcés de les abattre. Le groupe de camarades recueille le chien sans poser de questions, sans savoir qu'ils viennent d'amener au cœur de leurs murs la Chose, entité extra-terrestre symbiotique et imitatrice parfaite, et créature répugnante affamée de chair fraiche...

The Thing de Carpenter est avec Scarface de De Palma l'un des premiers grands remakes de l'Histoire du Cinéma, et il faut dire que la concurrence ne parait pas, à l'heure actuelle, extrêmement rude dans ce domaine. Mais passons, là n'est pas le propos. Remake donc, du film de Christian Niby et Charles Lederer The Thing from another World, lui-même adaptation de la nouvelle Who Goes There? de John W. Campbell Jr., ce chef-d'œuvre ultime (et je pèse mes mots) de l'horreur est peut-être le plus abouti du maitre Carpenter, que j'affectionne tout particulièrement. Bien sûr, je parle avec une certaine objectivité en affirmant cela, Snake Plissken trouvera toujours trop de grâce à mes yeux pour être placé derrière, et le Big John nous a offert tellement de bons films qu'il est difficile de les départager. Mais The Thing est une telle réussite, à tout point de vue, qu'il n'usurpe aucunement son titre de film d'horreur culte. 


Le réduire à ceci serait d'ailleurs quelque peu maladroit. Le film est également empreint d'une atmosphère de science-fiction non étrangère au style de Carpenter, et le suspense prime ici d'avantage sur l'horreur pure. Le film n'est donc pas excessivement violent, ni réellement gore, si l'on omet l'esthétique répugnante à souhait de la Chose et ses méthodes quelque peu dégoutantes pour s'emparer d'un corps et décimer les différents protagonistes. Parlons en d'ailleurs, de l'esthétique de la créature. 30 ans après, les animatroniques qui donnent vie à la Chose n'ont pas pris une ride, et ont toujours autant d'impact. Les effets spéciaux forcent le respect, il faut le dire. La Chose est immonde, mais impressionnante, et aussi malsaine qu'inventive. Probablement l'un des monstres les plus réussis et effrayants jamais vus à l'écran. 


Oui donc, comme je le disais, le suspense atteint des sommets avec The Thing (ouais je sais je dis la même chose avec Buried un peu plus bas, mais bon, ça reste vrai, dans un tout autre style). C'est fou comme le huis-clos est propice à l'angoisse. Les différents protagonistes, à la base collègues et amis, se mettent à douter les uns des autres, tout en étant exterminés un par un, lentement mais sûrement. La terreur et la paranoïa s'installent progressivement, chez les personnages au même titre que chez le spectateur. Ainsi, on reste scotché à son siège, le rythme est parfaitement soutenu grâce à cette constante appréhension de son prochain, cette peur omniprésente de périr, en étant coincé au beau milieu de l'environnement le plus dangereux sur Terre, et ce même sans la présence de la Chose. Quoi de mieux que l'Antarctique pour piéger une bande de pauvres gars, pour les couper du reste du Monde, et les confronter à un extra-terrestre qui ne craint qu'une chose, la chaleur? 


Dans un sens, on pourrait comparer The Thing à un autre chef-d'œuvre du genre, et je parle bien sûr de l'Alien de Ridley Scott. Les deux films ont nombre de similitudes, c'est vrai, mais pour notre plus grand plaisir, ils parviennent tous deux à avoir une identité propre, et puissante. L'ambiance de The Thing en fait un parfait film d'horreur, au delà de ses effets spéciaux et de la violence dont il use. La musique du maestro Ennio Morricone, curieusement teinte du style de Carpenter (ce que je dis ici suffit à prouver que la bande originale du film est géniale) participe grandement à la froideur captivante du film (j'ai un faible pour les musiques du film bien synthétisées des années 80). Kurt Russell, figure emblématique chez ce cher Carpenter, adopte ici un rôle à contre mesure : Il n'est plus le héros qui fracasse tout le monde sans sourciller, mais un simple humain terrorisé, au même titre que ses camarades d'infortune. Enfin, il demeure toujours aussi classe, tout de même, et on devine d'ailleurs dès le départ que c'est lui qui s'en sortira "le mieux" durant le film... 
The Thing a su garder au fil du temps toute la force des genres auxquels il se lie, toute la vigueur de sa mise en scène, et toute la virtuosité de son auteur. 
Une perle brute qui n'a pas pris une ride. Vous n'avez aucune excuse si vous ne l'avez pas vu. 

"Somebody in this camp ain't what he appears to be. Right now that may be one or two of us. By spring, it could be all of us" 

lundi 17 janvier 2011

Buried


Buried, Rodrigo Cortés, 2010.

Paul Conroy, actionnaire Américain en mission en Irak, se réveille dans une boite en bois de 2m² enfouie sous Terre, après une attaque terroriste visant son convoi. Son oxygène s'amenuise rapidement, et sa seule chance de sortir de cet enfer est le téléphone portable à moitié chargé que ses ravisseurs ont eu la bonté de lui laisser. Le temps file, aussi certainement que les chances de Paul de revoir la lueur du jour...

En effet, le temps file à toute allure, y compris pour le spectateur, chose étonnante quand on voit le speech de départ. Passer 1h30 entièrement (et vraiment entièrement) dans un cercueil avec un seul et unique protagoniste, il y avait de quoi se poser des questions quant au rythme et à l'intérêt que le réalisateur allait insuffler à son film. Mais le défi est remporté haut la main, dans la forme le film est assez classique avec une histoire pas réellement originale, mais dans le fond, Buried est un modèle d'angoisse et de suspense qui n'a rien à envier aux plus grands du genre. La mise en scène est d'une maitrise remarquable, on prend part au huis-clos le plus oppressant jamais vu à l'écran, et on partage rapidement les sentiments éprouvés par ce pauvre Paul.  


Rodrigo Cortés parvient à déplacer sa caméra avec aisance à l'intérieur de cette misérable boite. Je ne suis pas admirateur de Ryan Reynolds d'ordinaire, mais je dois avouer qu'avec ce rôle qui le contraint à porter indubitablement le film sur les épaules, il s'en sort à merveille. On imagine le rôle pas facile à endosser, mais son jeu est d'une justesse admirable, même si un peu trop "serein" par moments (mais bon, certainement dans le but de ne pas avoir à supporter les râles et pleurs d'une personne trop "réaliste" pendant 90 minutes). Reynolds trouve ici ce qui est certainement son meilleur rôle. Les évènements se succèdent à un rythme haletant, les pirouettes scénaristiques et autres péripéties parviennent continuellement à relancer l'intrigue. Les dialogues entre Paul et ses différents interlocuteurs au téléphone en sont le principal moteur, et là ou certaines œuvres nous dépeignent des dialogues soporifiques et sans grande envergure, ceux de Buried en constituent toute l'action. 

Cortès en profite pour dresser le portrait grinçant d'un système mené par des gouvernements et entreprises cupides, exécrables et sans états d'âme, qui au final ne valent pas mieux que les terroristes qu'ils combattent avec tant d'ardeur. Buried est l'un des films d'angoisse des plus virtuoses et des plus oppressants que vous aurez l'occasion de voir, et ce de la première à la dernière minute. A déconseiller aux claustrophobes tout de même, par contre pour les autres, à voir avec le meilleur équipement cinéma possible, pour des conditions d'immersion optimales. Pour citer une accroche d'affiche : Buried est un film que n'aurait pas renié Hitchcock... 

"I need one million dollars by nine o'clock tonight or I'll be left to die in this coffin"

vendredi 10 décembre 2010

Machete


Machete, Robert Rodriguez & Ethan Maniquis, 2010.

Machete est un ancien flic patibulaire tentant de se faire oublier. Il joue les ouvriers à mi-temps près de la frontière entre les USA et le Mexique, histoire de tranquillement gagner sa vie. On lui fait un jour une offre qu'il ne peut pas refuser, gagner une mallette pleine de billets verts en échange d'un simple service : assassiner un sénateur au nationalisme exacerbé et à la ferme intention d'éradiquer le moindre mouvement de clandestin Mexicain dans son cher pays. Machete s'exécute, mais il est doublé par ses commanditaires, utilisé comme un bouc émissaire, et ensuite laissé pour mort. Mais Machete ne veut pas mourir, et même si l'État tout entier est maintenant contre lui, il a la ferme intention de se venger, épaulé par la justicière fédérale Sartana, la révolutionnaire et piquante Luz, et son frère pasteur qui planque des fusils à pompe dans son coffre. S'engage un combat contre l'intolérance, la corruption, et les vieux démons de notre héros qui méritent d'être tranchés sévères pour avoir osé tué sa famille...


Machete connait la musique. Machete emballe les femmes comme il veut. Machete n'envoie pas de textos. Machete tue les méchants... Machete à la base, c'est un gag, une farce qui permet de lancer Planet Terror de manière on-ne-peut-plus percutante, juste avant le show de Rose McGowan. Mais le délire a poussé Robert Rodriguez et Danny Trejo à transformer cette fausse bande-annonce en véritable long-métrage. Pour Trejo c'est l'occasion d'obtenir enfin son premier grand rôle (qu'il méritait amplement tant il a de la gueule, littéralement) et pour Rodriguez celle de prolonger le trip Grindhouse. Machete est donc dans la droite lignée de Planet Terror, avec cependant des thèmes quelque peu divergents, mais toujours le même penchant pour l'hommage à la série Z et la surenchère à tout-va jubilatoire.


Rien de bien nouveau en somme, mais un véritable concentré de plaisir pour les fans du genre, et de Rodriguez en général, qui réalise une fois encore ce qu'il sait faire de mieux, à savoir un film d'action décomplexé, à la violence outrancière et à l'ambiance torride (je ne place pas ses films pour gosses dans le lot bien sûr). Machete est le nouveau Chuck Norris. Il parvient à être proprement Badass tout en enchainant les situations complètement loufoques. Chose encore plus grandiose, il est épaulé par un casting incroyable. D'une part de belles pépées aussi habiles dans la séduction qu'avec des flingues : Michelle Rodriguez, Jessica Alba et même Lindsay Lohan qui a pour le coup laissé tomber les productions Disney et la poudreuse (ouais 'fin ça, pas totalement en fait).


D'autre part d'autres grandes "gueules" du petit comme du grand écran : Jeff Fahey toujours aussi plaisant (même si je le trouve plus attachant en cuistot à la recherche de la sauce parfaite), le trop rare de nos jours Robert de Niro en Guest Star, et plus étonnant encore, Steven Seagal, roi du direct-to-vidéo bourrin, qui parvient à être crédible sur grand écran et inspire une légère euphorie chez le spectateur connaisseur, rien que par sa présence. Ce casting "4 étoiles" peine à se partager la gloire à l'écran, même si ça reste mieux maitrisé que chez les Expendables, mais la présence de chacun est bien amenée et maitrisée malgré une histoire un peu brouillonne (qui étonne tout de même par sa présence). Surprise plus agréable encore : Danny Trejo parvient à demeurer la star imposante au centre du film.


Robert Rodriguez est entouré de ses potes, et ce jusque dans la bande originale bien rock'n'nachos du film (Tito & Tarantula, qu'on a déjà pu entendre dans Une Nuit en Enfer ou Kill Bill vol.II), et la recette fonctionne une fois encore. Ce brave Robert a tenu à insuffler un message et un réel fond d'humanité à son film, une dimension politique cynique et bien ancrée dans notre actualité, sur des thèmes d'intolérance et de nationalisme Américain pure souche mû en vendetta raciste contre les travailleurs clandestins Mexicains, des thèmes qui semblent lui tenir à cœur. Un tel parti pris est assez anecdotique dans une production purement "Grindhouse", mais ça a au moins le mérite de s'y intégrer aisément et de proposer une œuvre à différents niveaux de lecture (même si bon... voilà quoi, Machete tue les méchants, c'est tout ce qu'on attend de lui). Machete offre surtout du fun sanglant, sexy et bourré de références et de gags fendards. Ça ne vaut pas selon moi le King of the Kings : Planet Terror, mais ça reste pratiquement aussi jouissif.

"They just fucked with the wrong Mexican"

dimanche 5 décembre 2010

Scott Pilgrim vs. the World


Scott Pilgrim vs. the World, Edgar Wright, 2010.

Scott Pilgrim est un jeune garçon rêveur et perdu sur son nuage vivant dans un monde difficile, à l'image de ses relations avec les filles. Il semble pourtant mener la danse sans faux pas avec sa nouvelle et adolescente petite amie, Knives Chau, qui devient rapidement folle de lui. Mais entre les sarcasmes de son groupe de rock amateur et de son colocataire gay, les sermons de sa sœur et de sa camarade Julie, et l'arrivée en ville de la fille de ses rêves (littéralement), Ramona Flowers, les choses ne vont pas aller en se facilitant pour Scott. En particulier avec la ligue de sept ex petits-amis maléfiques que Scott doit affronter et vaincre pour pouvoir sortir avec Ramona...


Fan hardcore d'Edgar Wright depuis le terrible Shaun of the Dead et encore plus depuis le génial Hot Fuzz, son troisième film "Scott Pilgrim vs. the World" s'imposait presque comme une évidence à mes yeux, et ce même si je ne connais rien de la bande dessinée à l'origine de cette adaptation. Si on s'en réfère aux deux précédents films de Wright, ce troisième n'est pas vraiment dans la même veine au regard du spectateur, à tel point qu'on se demande si ce n'est pas un film de commande ou une adaptation où le réalisateur a du être quelque peu tenu en laisse, même si l'on reconnait un peu son style et ses références culturelles par ci par là. Ça fait un peu peur d'annoncer ça d'entrée de jeu, mais ne vous en faites pas trop, car Scott Pilgrim demeure une véritable BOMBE !


Dans un genre autre que le Sin City de Rodriguez, ce film se savoure comme une bande dessinée de chair et d'os empreinte d'une ambiance de jeu vidéo. L'atmosphère y est légère à tout instant et surtout jubilatoire. On est surpris de voir une histoire à la base simpliste (à savoir un teen movie romantique sans grande originalité) partir en grand n'importe quoi général avec malgré tout une telle maitrise dans la débauche de fun et de surenchère visuelle. On passe d'un concert miteux à un combat digne de chez Marvel entre deux jeunes nerds tout ce qu'il y a de plus humain (même si certains ont des pouvoirs, 'tention). C'est en cela que Scott Pilgrim est une agréable surprise. Tout au cœur du film semble crée pour nous immerger dans un délire totalement assumé et bon enfant, bourré de références à la culture geek.


Les personnages sont très propres sur eux, interprétés par de jeunes acteurs talentueux (et je ne parle pas seulement des demoiselles du film qui sont carrément des merveilles, heum) mais pas vraiment approfondis en dehors du couple principal, le film n'évite pas toujours certains clichés et prévisibilités, mais peu importe, car le spectateur de tout poil y trouvera son compte, un divertissement qui passe à la vitesse lumière d'un Faucon Millenium et qui nous scotche un sourire béat sur le visage tout du long. L'humour fait mouche à tous les coups. Visuellement, le film est un bijou tel qu'on profite de chaque plan (et c'est pas toujours évident avec un montage qui rythme l'ensemble comme des montagnes russes), et je n'ai rien à redire sur l'ensemble des effets spéciaux, réalisés d'une main de maître et correspondant parfaitement au trip de sujet. Le choix des couleurs, onomatopées, chorégraphies des combats, décors, enchainements déchainés des séquences, et sans oublier cette bande son hybride entre le grunge bien garage et les sonorités "midi" dignes d'une super NES... Tout est fait pour faciliter au spectateur le voyage vers un imaginaire sans limite. On regrettera (une fois n'est pas coutume) une distribution risible des copies dans les salles françaises, jugeant apparemment l'œuvre comme "incompatible" avec le public général de ce cher pays... Mais je n'en crois rien, Scott Pilgrim vs the World est avant tout un énorme tribut au geek, mais il demeure un délice intégral idéal pour tous, si l'on accepte de laisser une légère folie enivrante nous envahir pendant deux petites heures.

"The only thing separating me from her is the two minutes it's gonna take to kick your ass."

mardi 9 novembre 2010

Kaboom


Kaboom, Gregg Araki, 2009.

le jeune étudiant Smith et sa meilleure amie Stella jouissent sur le campus d'une vie simple alimentée par le sexe sans étiquette : Stella sort avec l'envoutante Lorelei et Smith couche avec la pimpante London tout en fantasmant sur son surfeur de colocataire, Thor. Mais Smith est préoccupé par des rêves étranges. Lorsqu'un soir, sous l'effet de la drogue, il voit la rousse mystérieuse de ses rêves se faire sauvagement assassiner par plusieurs hommes dissimulés derrière des masques d'animaux, il se rend compte alors qu'il est confronté à des évènements dépassant l'entendement, et qui pourraient à jamais bouleverser le monde, évènements dont il est la pièce maitresse...


Gregg Araki est un de ces réalisateurs à la patte particulière et reconnaissable entre mille, que ce soit dans la forme ou dans le fond. sa dernière folie, Kaboom, est parfaitement représentative de son style. Autant le dire d'emblée, soit on adhère, soit on fuit. Vous devinerez que dans mon cas, ce fut plutôt une réussite. Araki arrive à représenter toute une adolescence comme aucun autre n'y arrive : Des jeunes paumés mais rêveurs dans un monde en perdition, vivant de ce qui est considéré comme immoral par les générations bien-pensantes antérieures, sexe à foison, drogues et Rock'n'roll. Mais même si ils s'apparentent à nombre de clichés, ils sont loin d'être des bêtes de foire décérébrées comme les films de ce genre ont l'habitude de le montrer.


Un ton constant de second degré et de légèreté englobe le film qui aborde pourtant des thèmes sérieux pour ne pas dire "adultes". Le sexe arrive en tête de liste, loin d'être timide avec Kaboom, il n'est pourtant pas envahissant, et atteint un certain lyrisme qui parvient à éclipser toute vulgarité malgré des dialogues crus. L'histoire se construit de manière énigmatique, sur des péripéties sombres prenant au fil du film une ampleur inattendue. En revanche, et sans trop vous dévoiler l'intrigue, la dernière partie du film (et sans aucun doute la plus inoubliable) est d'un délire complètement assumé et d'une fantaisie sans nom. Pour tout vous dire, je n'avais jamais vu de fin pareille de toute ma vie de mangeur de bobines. Gregg Araki semble savoir y faire dans le genre (cf. la toute fin de Nowhere). Cette apothéose sous acides m'a laissé sans voix, mais m'a volé pas mal de rires au passage.

Kaboom ne s'en cache pas, il a beau prétexter une intrigue ténébreuse en dehors de la vie de débauche de ses protagonistes, il est avant tout un incroyable grand huit aux dialogues mordants et jubilatoires, aux figures charmantes, aux sentiments finement maitrisés, à l'esthétique alléchante et aux jeunes acteurs méritants pour leur savoir-faire malgré des séquences qu'on imagine pas toujours faciles à exécuter. Gregg Araki parvient une fois encore à aborder avec aisance des thèmes tabous sur le paysage hollywoodien : Homosexualité, sexe, drogues, perdition adolescente... On ne tombe jamais dans le mélodrame ou dans la critique facile et stupide (même si certaines choses peuvent être sujet à analyse on dirait...). Drôle, envoutant, débridé et totalement déjanté, Kaboom vaut le coup d'œil, ne serait-ce que par curiosité. Et si vous accrochez, alors préparez-vous à aimer le reste de la collection Araki...

"If A fucks B and B fucks C, so A fucks C"

dimanche 10 octobre 2010

Valhalla Rising


Valhalla Rising, Nicolas Winding Refn, 2010.

Dans les années 1000 en Europe nordique, One-Eye, guerrier silencieux, mène une vie d'esclave d'une barbarie sans nom depuis toujours. Un jour, délivré de ses chaines et ayant fraichement assouvi sa vengeance envers ses anciens propriétaires, il rencontre des pèlerins Chrétiens ayant pour but de rejoindre leur terre sacrée, Jérusalem. One-Eye, accompagné de sa seule attache, un enfant à la recherche d'un foyer, décide de partager leur route. Ce voyage censé les amener en lieu saint va, hélas pour eux, plutôt s'apparenter à une descente aux enfers...

Mars 2010, je sors d'une salle de cinéma après la projection de Valhalla Rising, vu un peu par curiosité, et Odin sait que ce fut difficile vu le peu de bobines disponibles en France (merci les distributeurs français...). Bref, m'attendant à quelque chose de fortement original de la part du réalisateur de la trilogie Pusher, je dois tout de même avouer ne pas avoir réussi à me faire une idée précise du film après son visionnage. Valhalla Rising se doit d'être abordé avec une approche toute particulière, tant il touche du doigt l'expérimental. Nicolas Winding Refn affirme lui-même que son film se ressent comme une drogue, référence sans doute à son aspect "transe" omniprésent (mais je vous rassure il n'y a pas d'effets secondaires). Ce qui le caractérise en premier lieu, c'est son rythme d'une lenteur ensorcelante. Ne vous attendez donc pas à un film de Vikings bien bourrin transpirant la bataille épique d'un bout à l'autre, comme le laisse supposer la campagne publicitaire autour du DVD. Non, l'épopée de One-Eye se suit sous une certaine pression, un sentiment constant de lourdeur ambiante (mais différent de celui que l'on peut ressentir devant un Western) et une atmosphère apocalyptique assommante. C'est ce point qui m'avait quelque peu rebuté au départ.


Mais il faut avouer que le climat de l'œuvre sert à merveille son propos. Visuellement, Valhalla Rising atteint la félicité, une extase qu'il envoie en pleines mirettes chez le spectateur. Les paysages d'Écosse sont sublimés de telle manière qu'on en viendrait à trouver les mêmes bien moins enchanteurs dans la réalité. Le jeu d'acteur fait preuve d'une théâtralité sobrement efficace, impressionnante chez un héros muet et des protagonistes fanatiques. Les gestes sont parfaitement mesurés, les poses très esthétisées, à tel point que nombre de plans s'apparentent à de véritables portraits. L'histoire est un prétexte, car le film se bâtit essentiellement sur une identité visuelle puissante qui vaut à elle seule le détour, appuyée par un énorme travail sur le son qui offre une ambiance sonore servant elle aussi la transe engendrée par le film. Chaque plan ou presque est magnifique, il faut le dire, et les compositions "musicales" sont d'une oppression étrangement captivante. Cette histoire est quant à elle fortement imagée, et fourmillante d'interprétations possibles dans l'esprit du spectateur, que Nicolas Winding Refn ne semble pas renier.


Mads Mikkelsen, proprement Badass sans prononcer le moindre mot, porte sans problème le film sur ses épaules. Il se retrouve rapidement à errer sans but malgré une liberté fraichement obtenue, mais la rencontre avec ces fanatiques religieux voulant étendre leur croyance comme une épidémie va lui offrir une nouvelle quête, une sorte pèlerinage, dans une version alternative, et la recherche de ses racines. Son jeune compagnon Are, enfant perdu dans un monde bati par le sang et la chair morte, et privé de son innocence, apporte une once de poésie touchante, et une lueur d'humanité à ce personnage de barbare sans état d'âme apparent autre que la haine. Le couple fonctionne parfaitement à l'écran. Valhalla Rising est une fresque subjuguante sur la foi et la folie humaine, fortement liées l'une à l'autre. Le tout baigne dans une noirceur et une violence sans timidité aucune, mais d'une classe visuelle jouissive. Le film s'apparente à une bande dessinée qui prend vie à travers les actes des personnages et non leur dialogues, peu présents durant l'œuvre. Effectivement, si vous vous sentez prêt à vivre l'expérience et si vous vous laissez porter, Valhalla Rising est la drogue parfaite, à consommer sans modération.

"L'enfant a dit qu'il venait des enfers... C'est peut-être là que nous allons."

dimanche 3 octobre 2010

Morse


Morse (Let the Right One in), Tomas Alfredson, 2008.

Banlieue de Stockolm, Oskar, jeune garçon marginal, renfermé et victime de nombreux sévices de la part de ses camarades de classe, fantasme seul sur la possibilité de se venger de ses tortionnaires, sans jamais oser passer à l'acte. Eli, jeune fille froide et mystérieuse fraichement arrivée en ville devient la nouvelle voisine d'Oskar. Une curieuse complicité nait rapidement entre les deux enfants, et ce malgré le fait qu'Oskar ne tarde pas à découvrir qu'Eli est responsable de nombreuses morts sanglantes dans les environs, dues à sa condition de Vampire...

Un générique d'ouverture sans bruit aucun, puis le noir laisse doucement place à une nuit enneigée, aussi silencieuse qu'hypnotique. Morse démarre fort, on le sent, et pourtant il n'a pas émis le moindre son. Le reste du film sera du même tonneau, avec en plus de ça la découverte d'un conte magnifique porté par deux jeunes acteurs éblouissants de par leur talent. Kare Hedebrant et Lina Leandersson, même pas encore 15 ans, sont d'une justesse ahurissante, qui force le respect compte tenu de la noirceur et de la dureté des thèmes abordés dans le film. Morse n'est pas seulement une sombre romance, il mélange habillement les genres pour finalement éviter de s'inscrire dans l'un deux en particulier.


Le résultat n'en est que plus captivant. Ainsi, vous n'y verrez pas de scènes d'horreur pures ou d'amourettes mielleuses (malgré quelques codes bien classiques mais ô combien sympathiques), mais le portrait finement exécuté de deux âmes-sœurs qui ont besoin l'une de l'autre pour des raisons plus complexes qu'on ne veuille bien le laisser paraitre. Je m'abstiendrai de vous dévoiler (et gâcher) l'intrigue, mais le film est si riche de sens que chacun peut l'interpréter de diverses façons, avec comme je l'ai dit plus haut, des thèmes "sous-jacents" qui comme leur nom l'indique n'apparaissent pas forcément à l'esprit du spectateur lors du premier visionnage. Sur ce point, le roman à l'origine du film est beaucoup plus explicite d'ailleurs.


L'histoire a donc une réelle complexité, une consistance en béton armé, servie par une mise en scène sobre mais envoutante grâce à une gestion parfaite du son et une composition minutieuse du décor et de ses occupants dans chaque plan, à tel point qu'on entre en plein rêve et qu'on meure d'envie de rejoindre l'action qui se déroule devant nous. Le rythme est assez particulier, ce qui j'imagine restreint pas mal son accès au grand public (en plus de la noirceur du récit). Une certaine lenteur s'empare de l'action, même si l'on savoure nombre d'envolées fulgurantes dans l'évolution du film. Mais l'ambiance a un tel impact sur les tripes que si l'on prend la peine de s'y immerger, Morse apparait à nos yeux comme un bien trop court voyage onirique bercé d'hémoglobine et de sentiments intenses réellement palpables, au delà de la froideur d'un Vampire. Oubliez cette merde de Twilight (que j'ai honte d'évoquer dans cet article), et prenez la peine d'assister à une véritable histoire d'amour de démons aux longues canines, si ce n'est pas encore fait (je vous vends du rêve là).

''-Oskar... Do you like me?
-Yeah, a lot.
-If I wasn't a girl... would you like me anyway?
-I suppose so"